L’Acrobate sera au rendez-vous des Classic Days !
Nous avons l’immense plaisir d’accueillir Jean Ragnotti aux Classic Days, coéquipier de Derek Bell et témoin de l’aventure Alpine Renault aux 24 Heures du Mans !
Jean Ragnotti aux 24 Heures du Mans, c’est une facette moins connue de sa carrière, mais profondément révélatrice de l’homme et du pilote. Loin des routes sinueuses du rallye et des foules compactes des spéciales, Le Mans lui impose un autre monde : celui de l’endurance, de la nuit, de la patience et de la mécanique mise à l’épreuve du temps.
Il débute au Mans en 1975, sur une Tecma, et sera au rendez-vous de presque chaque édition jusqu’en 1982.
Pour l’édition 1978, il s’engage avec Alpine-Renault, à une époque où la marque française rêve de briller face aux géants internationaux. Le défi est immense, mais le constructeur aligne les talents sur les trois A442 et l’A443 qui prennent le départ de la course : Derek Bell, Jean Ragnotti, Didier Pironi, Jean-Pierre Jaussaud, Guy Fréquelin, Jacques Dolhem, Jean-Pierre Jabouille et Patrick Depailler !
Le pesage des 24 Heures du Mans 1978
Face à eux, le constructeur allemand Porsche, victorieux l’année précédente face aux Alpine Renault, alors que l’écurie française menait la danse pendant la plus grande partie de la course.
En 1978, Porsche engage trois 936 pilotées par Jacky Ickx, Henri Pescarolo, Bob Wollek, Jürgen Barth, Hurley Haywood, Peter Gregg et Reinhold Joest. Et les voitures démontrent une fiabilité bien supérieure à celle des A442.
Si Jacky Ickx pulvérise le record du tour aux essais, les 4 Alpine Renault sont dans les 8 premières voitures sur la grille de départ, avec l’A443 en 2ème position.
Après 2 heures de course, 3 Renault Alpine sont dans le quator de tête, avec l’équipage Ragnotti, Fréquelin et Dolhem en 4ème position. Elles vont mener la course jusqu’à la fin, malgré l’abandon de la voiture de Derek Bell et Jean-Pierre Jarier à 22h35 pour problème mécanique, et de Jabouille et Depailler à 10h50 le dimanche. Jabouille prendra sa revanche en intégrant l’équipage de la n°4, toujours en 4ème position.
Le départ des 24 Heures du Mans 1978
L’A442 des 24 Heures du Mans 1978
Au volant des prototypes Alpine-Renault, Jean Ragnotti apporte ce qui a toujours fait sa force : une sensibilité mécanique hors norme. Il sait écouter la voiture, sentir ses limites, comprendre quand attaquer et quand préserver. Une qualité essentielle au Mans. Et la nuit, qui révèle une autre dimension du pilote. Jean Ragnotti roule, concentré, précis, presque introspectif. Il n’y a pas de public à quelques mètres, pas d’applaudissements immédiats. Juste la route, les phares, et la responsabilité de ramener la voiture intacte. Cette discipline forge le respect dans les stands et confirme qu’il n’est pas seulement un artiste du volant, mais un pilote complet.
Renault Alpine remporte les 24 heures du Mans cette année-là, avec l’A442 #2 de Didier Pironi et Jean-Pierre Jaussaud. Et l’équipage Ragnotti, Fréquelin, Dolhem et Jabouille termine 4ème. Un exercice de constance magistral.