CIRCUIT NEVERS MAGNY-COURS

25 & 26 AVRIL 2026

Derek Bell, invité d’honneur

Derek Bell à l’honneur de l’édition 2026 des Classic Days les 25 & 26 avril sur le circuit de Magny-Cours ! Mesdames et Messieurs, nous accueillons une légende du sport automobile, avec plus d’une trentaine de victoires entre 1971 et 1989 !

Pour bien mesurer la chance que nous avons, revenons brièvement sur l’histoire de ce pilote à l’immense talent, au parcours hors normes, d’une rare gentillesse, et d’une classe légendaire.

Né en 1941, il grandit avec sa mère et son beau-père dans une ferme du Sud de l’Angleterre. Dès neuf ans, au volant du tracteur familial, puis au volant des diverses voitures, Derek se passionne pour la conduite. Son beau-père Bernard Hender l’emmène au Grand Prix de Monza en 1959. C’est un déclic pour Derek, qui intègre alors l’école de pilotage de Jim Russel. Et son beau-père, surnommé « le Colonnel » l’encourage à se lancer dans la compétition automobile. Il remporte sa première course à Goodwood en 1964 sur une Lotus Seven.

La Lotus Seven construite par Derek et un ami, avec laquelle il remporte sa première course à Goodwood en 1964.

Il commence en Formule 3 l’année suivante, toujours sur Lotus, et remporte sa première victoire en 1966, suivie de 7 victoires en 1967 !

1968, Derek au volant de la Brabham BT23 #10 à Hockenheim

En 1968, il fait ses débuts en Formule 2 avec une Brabham BT23C engagée par le Church Farm Racing de son beau-père, qui finance tous les débuts de Derek et s’implique beaucoup dans sa carrière. Derek bataille avec les plus grands à travers l’Europe, dont Henri Pescarolo déjà promis à une belle carrière. Il est alors repéré par Enzo Ferrari lui-même, qui le fait débuter en essais en Formule 2 à Monza. Étant le plus rapide, il est conduit dès le lendemain à Maranello où il déjeune avec le Commendatore en personne. Les portes de la F1 s’ouvrent pour le jeune prodige britannique !

Il se qualifie pour son premier Grand Prix de F1 à Monza en 1968, aux côtés de Jackie Stewart. Il participera à deux Grand Prix de F1 cette année-là.

Il continue de concourir en Championnat F2, et sur quelques Grand Prix de F1.

Derek Bell et la McLaren M9A F1 de 1969

 En 1970, il fait ses débuts en endurance lorsque Jacques Swaters, l’importateur belge de Ferrari, l’invite à participer aux 1000 km de Spa au printemps sur une Ferrari 512M, où Derek termine 4ème. On le retrouve aux 24 Heures du Mans quelques mois plus tard, associé à Ronnie Peterson. Malheureusement l’équipage abandonne sur casse moteur. Mais Derek a trouvé là son terrain de jeu …

Derek au volant de la Ferrari 512S aux 24 Heures du Mans 1970

Derek Bell et Steve McQueen

C’est au même moment, pendant et après l’édition de 1970 qu’un certain Steve McQueen va tourner ce qui demeure aujourd’hui l’un des plus grands films de l’histoire consacré à la course automobile, « Le Mans ». Après les 24 Heures, la Solar Production « recrute » 26 voitures de course, avec pilotes et mécaniciens. Et Derek Bell fait partie de l’aventure, avec notamment Richard Attwood, Vic Elford, Masten Gregory, Jean-Pierre Jabouille, Gérard Larrousse, David Piper, et Jo Siffert ! Si le tournage est épique, Derek est victime d’un accident en août, où sa Ferrari 512S, celle-là même qu’il avait piloté pendant le course en juin, prend feu alors qu’il s’apprêtait à doubler ! Il s’en sort de justesse avant que la voiture ne s’embrase, avec des brulures superficielles.

En parallèle, Derek termine 2ème du Championnat d’Europe F2 sur Brabham, derrière Clay Regazzoni. Mais sa carrière en monoplace peine à s’envoler.

La Brabham BT26 du Championnat du Monde de F2 1970

Dès l’année suivante, 1971, il est à nouveau au Mans, cette fois dans l’écurie de John Wyer, et ses légendaires voitures aux couleurs bleu ciel et orange de Gulf. Il prend place au volant de la mythique Porsche 917 LH avec Joe Siffert. Abandon pour cause de problème moteur après 18 heures de course. C’est le premier contact du pilote avec le constructeur de Stuttgart. C’est aussi à cette occasion qu’il découvre l’Hôtel de France à la Chartre sur le Loir, quartier général de John Wyer et de ses équipes dans la région, qui demeure aujourd’hui un monument historique du patrimoine automobile.

La mythique 917 LH de Bell/Siffert devant l’Hôtel de France

En 1972, il retrouve Ferrari au Mans avec la mythique 365 GTB/4 Daytona ! L’équipage termine 8ème. Retour chez Gulf en 1973 et 1974, au volant des Mirage M6 et M7 avec Mike Hailwood. Abandon à mi-course en 1973, mais une très belle 4ème place en 1974, face aux écrasantes Matra 670.

La Mirage de Bell/Ickx lors des 24 Heures du Mans 1975

Puis arrive l’année 1975 ! Derek roule toute la saison d’endurance chez Willi Kauhsen, sur Alfa Romeo, à l’exception des 24 Heures du Mans, où il s’engage à nouveau chez Wyer. Jacky Ickx, qui a déjà gagné avec l’écurie de Wyer en 1969 avec la Ford GT40 MKI – le célèbre départ « marché » Type Le Mans – demande à John de l’intégrer à l’écurie mais spécifiquement avec Derek. L’équipage s’impose devant la Ligier JS2 sur une Mirage ! C’est la PREMIERE VICTOIRE de Derek au Mans ! Il a déjà remporté plusieurs courses en Championnat des Voitures de Sport (championnat mondial d’endurance) notamment aux 1000 km de Paris, Spa (à trois reprises), 6h d’Imola… Mais jamais une course de cette dimension. Derek Bell met les deux pieds dans la cour des grands.

Aux 24 Heures du Mans 1976, toujours chez John Wyer, cette fois avec Vern Schuppan sur la Mirage M8, ils parviennent à arracher une cinquième place malgré de nombreux problèmes techniques. L’année suivante, Renault Sport, fraichement créé, et son directeur, Gérard Larrousse, qui connait bien la valeur de notre invité, lui proposent de se joindre à la conquête du titre. C’est ainsi qu’en 1977 et 1978, il est associé successivement à Jean Pierre Jabouille puis à Jean Pierre Jarier ; à deux reprises ils seront contraints à l’abandon, alors que Renault s’impose en 1978 avec la voiture de Jaussaud et Pironi, avant de quitter Le Mans pour la F1.

En 1979, dernière expérience avec le Team de John Wyer au Mans sur la Mirage M10 Ford, avant de retrouver Porsche en 1980. En 1981, toujours pilote officiel Porsche, il retrouve Jacky Ickx, et avec lui remporte son deuxième titre manceau !

Derek Bell et Jacky Ickx au pesage des 24 Heures du Mans 1982

1982, c’est la naissance de la Porsche 956, le mythe absolu des passionnés. Porsche reforme le duo gagnant, aligne trois Porsche officielles et remporte les trois premières places de la courses, et dans l’ordre des numéros de voitures s’il vous plaît ! Derek et Jacky sur la #1, ils remportent donc à nouveau le titre ! C’est le troisième pour Derek Bell. La reconnaissance est mondiale. Les succès à l’international vont bon train dans ce qui s’appelle désormais le Championnat du monde d’endurance. La 956 surnage dans la nouvelle catégorie : le Groupe C. Même combinaison en 1983, où l’équipage termine 2ème au Mans. À la suite d’un changement de règlementation en 1984, la firme de Stuttgart décide de se retirer des 24 Heures du Mans.

Mais le retour de Porsche va être triomphal en 1985 avec l’arrivée de la 962 C. Pour cette édition Derek a un nouvel équipier : Hans Joachim Stuck. Ils terminent troisième, mais vont truster les succès en championnat du monde et Derek remporte le titre cette année-là, comme l’année suivante d’ailleurs. En 1986, les Jaguar font leur apparition dans le championnat du monde d’endurance ; mais l’expérience de Porsche est trop importante. Al Holbert rejoint Derek et Hans, et le trio s’impose dans la Sarthe sur la 962 C. Et il en sera de même en 1987, avec cet équipage. Soit cinq victoires aux 24 Heures du Mans pour Derek Bell, faisant de lui à l’époque le deuxième pilote le plus titré de l’épreuve (le troisième aujourd’hui car ils sont trois à avoir remporté cinq fois Le Mans).

En 1988, il manque de peu le record de Jacky Ickx du sixième titre et termine deuxième toujours sur cette 962 C. La supériorité de Porsche s’estompe peu à peu, et Jaguar prend le lead sur Le Mans.

En 1992, Derek s’aligne au départ avec son fils Justin, sur une Porsche 962 C GTi. Ils finissent 12ème, mais le plaisir du partage est sans commune mesure. Le duo père-fils réitère en 1995, sur une McLaren F1 GTR. Ils terminent sur la troisième marche du podium le jour de… la fête des pères. Cette course restera à jamais comme le plus beau souvenir de Derek Bell au Mans, à 54 ans, aux côté de son fils, devant les souvenirs de toutes ses victoires.

Soit au Mans 5 victoires, 2 deuxième place
et 2 troisième place en 26 participations.

En parallèle, Derek a été rapidement attiré par les courses d’endurance aux Etats-Unis, où il s’installe dans les années 90. Sa dernière participation aux 24 Heures de Daytona sera en 2008, soit à l’âge de 67 ans ! 24 Heures de Daytona qu’il remporte à trois reprises en 1986, 1987 et 1989.

En 2001, Bentley fait appel à lui pour développer la Bentley Speed 8 qui emportera l’édition 2003, et il devient ambassadeur de la marque.

Une carrière d’une immense richesse, qui certes n’a été toujours de tout repos, mais l’a conduit au plus haut et qui fait de Derek Bell l’un des plus grands pilotes de l’histoire du sport automobile. Et nous avons l’honneur de le recevoir parmi nous, ce qui ne manquera pas de réjouir tous les passionnés !
Un grand moment en perspective qui nous fait déjà trépigner d’impatience … See you soon Mister Derek Bell …